INTRODUCTION

Les premiers maîtres des mers  : Les Océaniens

Sans instrument de navigation, se fixant à leur connaissance intuitive de l’environnement, les Océaniens prirent la mer par étapes successives. Ils explorèrent bien avant les Européens le Pacifique et ses îles. L’aventure a débuté il y a 60 000 ans.

Difficile, en effet, de rivaliser avec ces hommes, qui explorèrent par étapes successives les îles du Pacifique. Soit plus d’un tiers de la surface de la Terre, sans carte.

 

1 – Les océaniens : les plus grands navigateurs de tous les temps

Cette épopée maritime commence il y a 60 000 ans, en Asie du Sud Est, lorsque des humains se hasardent en haute mer. La terre vient de connaître une nouvelle glaciation, les glaces s’étendent. Le niveau des mers s’abaisse, alors de nouvelles terres émergent, ce qui favorise les déplacements. Ils franchissent des bras de mer larges de 70 à 100 kilomètres. Ainsi ils atteignent l’Australie, la Nouvelle-Guinée et la Tasmanie, qui formaient alors un seul continent : Le Sahul.

Vers 4 000 av JC, des groupes de locuteurs de langues austronésiennes quittent à leur tour les côtes chinoises, Taïwan, et mettent cap au sud, vers les Philippines. En l’absence de sources d’écritures, ils se lancent à l’aventure en haute mer. Les déplacements se chiffrent en centaines de kilomètres, car à cette époque, les eaux ont remonté depuis la fonte des glaces, les niveaux marin sont aux niveaux actuels.

2 – Les pêcheurs des îles

Aux alentours de 1 500 avJC, ces navigateurs gagnent les îles Bismarck et la Nouvelle-Guinée. Ils se mêlent aux autochtones pour forger une culture spécifique, caractérisée par des poteries décorées, dites « Lapita ».

Puis ils atteignent le Vanuatu et les îles Fidji. Puis les îles Tonga et Samoa, en Polynésie occidentale au cours des siècles.

Au début de notre ère, les lointains descendants des Austronésiens, explorent une à une les îles de Polynésie orientale, pourtant séparées de centaines, voire de milliers de kilomètres. Ils atteindront le continent sud-américain également.

A l’aube du XIII è siècle le Grand Océan n’a guère de mystère pour ces intrépides marins.

 

3 – Leurs secrets

  • L’excellente maîtrise des vivres et de l’eau

Des fruits, des tubercules (banane plantain, taro, igname, arbre à pain, etc.) fermentés, séchés ou frais, emballés dans des feuilles, leur garantissant un apport calorique suffisant. Les noix de coco et l’eau étaient conservés dans des bambous ou des calebasses leur permettant de ne pas mourir de soif.

  • Lien organique et mystique entre la mer et le ciel

Dans les récits des peuples océaniens parlent des dieux pêcheurs des îles. Ils ont une conscience claire de la dispersion des îles dans le Grand Océan. Ils savaient se rendre de l’une à l’autre par une lecture attentive de leur environnement.

La géographie du ciel reflétant celle de l’océan, les navigateurs utilisent des chemins d’étoiles pour diriger leurs embarcations. Pour affiner leur trajectoire et localiser précisément les îles, ils scrutent les vents, les courants, les houles, la température et la couleur de l’eau, la forme et la couleur des nuages, le vol des oiseaux. Une connaissance transmise oralement de génération en génération, où réside la clé du succès des Austronésiens et leurs successeurs.

Cela suppose d’exceptionnelles facultés de mémorisation ! Tout apprenti navigateur apprend par cœur des litanies ou des chants de routes maritimes. Avec le nom des étoiles et les chemins associés, les repères et les particularités de l’océan le long de la route choisie.

Exemple : La carte des îles présentes autour de Tahiti, faite par le grand prêtre Tupaïa. On a cru pendant des années qu’elle comportait des erreurs. En réalité, les distances entre les îles représentent un ensemble de caps, de chemins d’étoiles à suivre. Cet art exceptionnel de la navigation a fini par se perdre. Au XIX ème siécle, il n’est qu’un vieux souvenir, sauf dans des îles de Micronésie.

 

4 – Un art de la navigation remarquable

Sans carte ni boussole ou sextant, les Océaniens ont exploré la quasi-totalité du Pacifique. Grâce à des embarcations performantes et une connaissance exceptionnelle du ciel et de la mer.

  •  Naviguer aux étoiles.

Les navigateurs lisent le ciel nocture comme un compas. Toute île est associée à un chemin d’étoiles. C‘est-à-dire une série d’étoiles se levant, ou se couchant, sur l’azimut, ou le cap, de ladite île. Lorsqu’une étoile est trop haute dans le ciel, ils en prennent une nouvelle se levant ou se couchant dans le même azimut. Ainsi de suite tout le long de la nuit.

  •  Mouvement des houles.

Aux îles Marshall, en Micronésie, les marins élaboraient des cartes permettant de mémoriser les mouvement des houles à l’apporche d’une île ou d’une archipel. Des tiges en bois figuraient la direction des houles, des lianes souples, les courants déviants et des coquillages, les îles. Ces cartes permettaient d’identifier les zones de houles perturbées par la présence d’une terre. Donc de choisir un cap à suivre pour l’atteindre. Conçues comme des aides pédagogiques pour les apprentis navigateurs, elles n’étaient jamais utilisées à bord des pirogues.

  • Leurs embarcations

Au moins deux types de bateaux ont servi aux voyages d’exploration et de peuplement du Pacifique : les pirogues à balancier et les pirogues à double coques.

Il est intéressant de rappeler que les navigateurs du Pacifique pouvaient naviguer aux étoiles à des vitesses incroyables… de 20 nœuds (nous…en Europe ..nous étions dans les cavernes). Un voilier actuel avance entre 5 à 10 nœuds avec un très bon vent.

Dans les années 70, pour prouver au monde entier, qu’ils pouvaient naviguer, les hawaiiens ont refait la route de leur ancêtres avec un bateau à l’identique, environ 4 500 km. Sur le Hokulea du nom de la constellation qui est au dessus d’Hawaï. Le 1 er mai 1976, le Hokulea est parti de Hawaï a emmené une première équipe à Tahiti et le retour avec une deuxième équipe soit 52 jours en mer. Les souvenirs ici

Le Hokulea a fait son voyage mondial en mai 2014 et s’est amarré à 150 ports. Le voilier s’est arrêté dans 23 pays, dont Tahiti, le Brésil, l’Afrique du Sud et Cuba. Le symbole ultime de la culture polynésienne est navigué par 12-14 membres d’équipage et plus de 240 volontaires. Les souvenirs ici. 

 

Conclusion

Avec leurs pirogues à balancier, leurs pirogues à double coques, leur intuition par la connaissance de leur environnement, les océaniens ont fait preuve d’une capacité humaine à fort potentiel.

Ce peut-il que  les étoiles et leurs majestés ont pu leur donner toute la rêverie de leur exploit ? ….

Article suggéré par Ronald Letayf

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